Nulle destinée n’est murée une fois pour toutes dans le corps qui la retient.

De personne, il n'est pas moralement exigible de s’étioler en devenant l’ainée* de ses parents.

Nous n’avons nulle vocation naturelle à la laisser faire en dehors de notre guidance.

Si nous le souhaitons, il peut nous revenir d’apprendre à anticiper le jour où nous estimons que cela suffira, afin de ne pas l’atteindre.

Car bien sûr notre mort nous appartient en propre; elle est un droit inaliénable sur lequel nul autre ne règne que par délégation consciente et consentie.

La vie nous a été prêtée sans que nous ayons eu à y consentir, consciemment en tout cas. C’est déjà bien assez.

C’est donc le jour d’avant, l’étape d’avant qu’il convient de s’entraîner à reconnaître.

Pour être capable de se dire alors: nous y voilà, il est temps de retourner à la terre de nos parents, à même lieu, cendres dispersées à même pelouse.
Et ce jour-là, cela suffira.

Nulle attente non plus qu’un déraisonnable sentiment d’éternité.

Joies du présent qu’il s’agit, le plus continument possible, de laisser advenir à soi pour habiller chaque jour de sa couleur propre, d’une texture propice au contentement de soi, avec cœur et raison.

Se souhaiter sincèrement d'avoir cette cohérence-là le jour venu. Comme Plotin...


*D’après J. Abeille, Petites proses plus ou moins brisées14

Il s'écrit, se dit, s'échange des idées proches de celles exprimées ici à l'ADMD, Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.


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