Éduc-passion

Enseigner, ce n'est pas remplir un vase,


c'est allumer un feu. M. Montaigne

Titre Date Clics
Poème festivalier  19-07-2014  494
La peur et le plaisir  11-08-2013  442
Prison vs École  12-09-2012  799
L’affaire humaine  24-08-2012  437
Lectures ministérielles  17-07-2010  535
Nous hébergeons plusieurs ADN!  10-07-2010  798
J'aime, j'aime la vie, euh!  10-07-2010  432
Audit  24-08-2010  257
Déglingue britannique  23-09-2010  438 
Marc Moulin a dit  05-01-2010  390
Emmuré  05-01-2010  413
Indifférence  26-12-2009  412


La foule, d’apocopes en syllabaires, régresse.
Elle devient masse émotive et larvaire.
Elle s’abrutit de bruits, d’alcools et de drogues.

Intoxicating the youth
seems the best way
to avoid awareness
of The Wall in which we have landed.

La foule se veut festive et se défonce
à coups d’urinoirs sur place
et de chies en folie, à peine voilées.
Les boues dans lesquelles elles pataugent
n’ont pas que la pluie pour origine…

À force de « s’éclater », ils se fragmentent
indécis, indicibles, souvent inconscients
d’avoir perdu des morceaux de soi
en cours de route.

Remember this airplane shot 10.000 m high
and dismantled bodies on the ground ?
The effect might be similar.

Ils y gagnent acouphènes, surdités larvées,
gueules de bois répétitives
et parcimonie de joies vraies,
face au soi rapidement absent.

Ces foules sont presque aussi inquiétantes
que ces Allemands des années Trente
qui marchaient au pas cadencé derrière un fou.

(Freud aurait pour une fois rendu service s’il avait écouté et « soigné » les frustrations de ce peintre mal moustachu, même gratos, tiens ! Cela lui aurait peut-être évité l’exil de l’homme âgé. Mais il était trop bourgeois pour ça, probablement.)

Source du graphique sentiers.be, sur le visagier.

Un conte si contemporain
qu'il plaira autant
à Vicky qu'à Ed, son fils.
(6'30")


les deux héros
actuels de la dernière ligne
du graphique ci-contre.


Ed, le fils de Vicky, a des roues
(celles de la voiture de Vicky)
à la place de ses pieds...

Il suffirait que Vicky
laisse la voiture
au garage,

si la distance
est "honnête"
entre la maison

et l'école par exemple,
ou entre la maison
et la piscine/hall omnisports,

pour que la vie
de chacune,
de chacun

s'en trouve
bien
mieux.

Trois cents mètres, c'est
Rikiki maousse pas Costo,
pour Ed,

le fils
mal adressé
de Vicky !

Il accède à son humanité
de petit garçon
en empruntant

un mauvais sentier
parce que
Vicky, la stressée,

fait pire que bien
en voulant trop bien faire,
évidemment.

D'OÙ CETTE PROPOSITION
DE MEILLEURE VIE,
DE « VIE BONNE »,

comme aurait pu le dire
le philosophe français
Michel de Montaigne

Ouh, c'est un vieux,
celui-là:
(1533 - 1592).

Il a été par deux fois
un grand Maire, lui,
en sa bonne ville de Bordeaux !

PROPOSITION, DONC:

Demain, Vicky
débarque Ed
à 600m de l'école;

Ed s'exerce
chaque jour
pendant les congés scolaires

à allonger
de 300m
le parcours quotidien...

Et finalement,
plus besoin de polluer
tout le monde

sur
le chemin
de l'école

avec le passage
de la voiture
de maman...

quatre fois
devant la maison
des riverains

de l'école,
du centre sportif,
de + en +

souvent
d'ailleurs...
en 4x4,

surtout
en BOBOLAND
friquée !

En allant à l'école,
ou « faire
du sport »

après l'école en bagnole,
alors que tout le monde
est fa-ti-gué

dans la belle
petite famille
de Vicky.

Marcher suffira
à notre petit bonhomme
pour perdre le poids

qui l'arrondit déjà
par mésusage des jambes.
Tout le monde

s'en portera mieux
dans la famille de Vicky:
Ed pourra rêver les rêves

des enfants de son âge.
Et Vicky, la maman,
aura enfin le temps

de déstresser de la vie
trépidante et vide
que lui fait vivre

notre société
post-libérale toute pourrie
& qui va à vau l'eau.

C'est-i pas beau tout ça !
Pour l'intant,
cela se passe

dans la tête
de NULLE PART
mais il suffirait que

Vicky
le
décide...

et tout le monde
s'en porterait
mieux.

Fin du conte
si contemporain
qui devrait plaire

autant à Ed
qu'à Vicky.
Peut-être qu'elle aura

plus de difficulté, elle,
à apprécier toute la saveur
du conte

Mais Ed, lui,
a déjà tout compris
de ce que NULLE PART lui dit.

 

Sur un thème connexe, Sciences Humaines (déc 2016) consacre un article qui dresse un constat: « Jouer dans la rue, une pratique en voie de disparition. » Les enfants de ce siècle ont moins la bride sur le cou, sont moins autonomes, que leurs parents.

 

Accrochez-vous quelques minutes et merci de me lire jusqu’au bout. Cela n’a rien de poétique…

1. Un prisonnier coûte 150€ par jour calendrier. (Source: JT de 13h, rtbf 12.08.12). 54.750€ par an. (Je ne tiens pas compte de la bisextualité épisodique du calendrier.)
2. Au 1e mars 2012, Il y avait 11.107 prisonniers (pour 8930 places….. Taux d’occupation 124,38%)  Source
3. Coût total pour maintenir 11.107 adultes en prison pendant un an: 54.750€ x 11.107 prisonniers= 608.108.250 €

Comparaison
4. En 2007-2008, le coût annuel moyen à charge de la Communauté française d’un élève de l’enseignement secondaire ordinaire de plein exercice s’élève à 6.612 €. Source
5. Soit l’équivalent de 44 jours de prison. (6612€/150€ par jour)
6. Or un élève passe 182 jours à l’école. Donc un élève coûte 36,3€ par jour scolaire (6612€/182j).
7. En gros, il coûte donc 4 fois moins cher de maintenir un élève dans le rythme scolaire que de maintenirr un  prisonnier un an en prison. (150€/36,3€= 4.1)
8. Et si on éduquait les prisonniers plutôt que de les maintenir en prison? Le coût serait bien moindre: 6.612€ contre 54.750€.

Notre État et nos régions sont-ils bien gérés?
Le prisonnier serait obligé d'être présent tous les jours et les maisons de justice vérifieraient leur présence pas détection électronique par exemple. (Pas l'école, évidemment!)

Je suis en train de lire une étude d'Arpège-Prélude en Wallonie qui s'intitule: Punir autrement. Je vous invite à la lire. Ma réflexion, moins aboutie évidemment, va dans le même sens.

Réflexions sur les PARTIELS, EXAMENS,etc. vus de l'autre côté de la barrière ...

Chère étudiante, Cher étudiant,
1. Apprendre: vous avez appris à compter, à lire, à écrire. C'est ce à quoi vous avez passé votre temps à l'école primaire et pendant une partie du secondaire.
2. Apprendre à apprendre: une de vos raisons d'être dans l'enseignement supérieur est d'acquérir de façon permanente le plaisir d'apprendre, donc le goût d'apprendre à apprendre. Pour vous préparer à réussir en première session, remettez en cause la manière dont vous apprenez la matière et faites tout pour brider la nervosité au moment de l'examen: elle vous fait perdre vos meilleurs moyens.
3. Dans le jeu du chat et de la souris entre les profs et vous,

• il s'agit de vous transformer en chat en gardant l'aspect d'une souris;  
• il s'agit de vous transformer en chat sans vouloir transformer les profs en souris;
• il s'agit de sentir avec les moustaches du chat, de voir avec ses yeux, d'entendre avec ses oreilles, de faire preuve d'empathie pour le vécu du chat car sa condition n'est pas aussi drôle que vous le croyez.

4. La peur et le plaisir comme moteurs de vie. En philosophie, il est dit que deux sentiments animent principalement tout être humain : la peur et le plaisir. J'essaie ici d'appliquer cette  grille d'analyse en apparence simple à la situation éminemment stressante de l'échec scolaire.
5. La premiere cause d'échec est votre peur d'échouer.  Transformer donc cette peur d'échouer en son contraire : le plaisir de réussir. Il suffit de décider que la peur n'ajoute rien à votre valeur. La peur est une Taxe sur la Valeur Amoindrie (tva) de vos potentialités.
6. La deuxième cause d'echec, très loin derrière, est le plaisir que prennent certains profs à faire échouer les étudiants. C'est beaucoup plus rare que vous ne le pensez. Cela ne doit pas vous servir à justifier vos propres manquements. Ce serait trop commode.
7. La paille et la poutre: râler contre un prof qui vous a recalé(e), cela  fait du bien. Un temps seulement. Pensez aussi à râler un peu contre vous-même. Et tant que vous y êtes, demandez-vous tout ce que vous pourriez modifier dans VOTRE comportement lors d'un examen pour transformer la débâcle en victoire.
8. Une autre cause d'échec est le non-respect de votre biorythme: en perturbant trop vos cycles de sommeil, vous vous poussez à l'échec tout(e) seul(e) : au lit à 2-3h du mat', lever à 6, 3h de couloir avant l'oral et le prof ne prend aucun plaisir à constater l'actualisation de votre peur d'échouer ! Et donc il vous 'mofle'. Vous ne lui laissez pas le choix.
9. Donnez du plaisir à vos profs: réussissez !
10. Enfin, la rumeur selon laquelle il existerait des quotas de réussite est sans fondement, évidemment. Ce serait trop simple.
11. Quatre variations sur la peur et le plaisir :

• Il y a celle qui a peur d'avoir peur: moins par moins donne plus, car elle n'a pas peur !
• Il y a celui qui a peur de (se) faire plaisir: moins par plus donne moins.
• Il y a celle qui prend plaisir à avoir peur: plus par moins donne moins.
• Il y a celui qui prend plaisir à (se) faire plaisir: plus par plus donne plus.

Vous aurez compris où je veux en venir: selon moi, seule la quatrième personne possède un maximum d'atouts pour réussir dans sa carrière d'étudiant(e).
12.  En résumé, réussir c'est maîtriser sa matière (conception classique qui vaut la peine d'être rappelée...), mais aussi gérer intelligemment son biorythme et transformer ses peurs en plaisirs. Attachez-vous enfin à modifier en vous ce qui peut l'être. Pensez stratégie et réussite. Créez l'évènement, ne le subissez pas.
13. Un treizième pour la route: plus vous serez en connivence avec le système scolaire dont l'objectif (parfois mal formulé) est de vous faire réussir (sisi !), plus vous aurez des chances de le comprendre de l'intérieur et donc d'adapter votre comportement. Et vous ne ferez preuve d'auKune Kollaboration avec un KelKonKe ennemi (de Klasse ou Ke sais-je !).
C'est clair, non ? Moteur !
Jean Mertens
PS : je dis ça, je dis rien... Et bonne chance !

Luc Dardenne, Sur l’affaire humaine

« [La vie] ne vaut la peine d’être vécue que parce qu’elle est aimable. La possibilité de suicide chez l’humain atteste cela. » (33)

J’ai le sentiment d’avoir lu dans cette affaire humaine une forme de psychanalyse un peu sauvage, sous les traits d’un questionnement humain à portée philosophique répété en plusieurs suites de raisonnements serrés tenus par l’auteur qui s’appuie sur des auteurs aux noms connus, le tout en douze étapes.

Nous sommes guidés fermement sur la route de son raisonnement serré qui se déroule sous nos yeux. Je m’y suis senti inclus tout entier, car cette affaire humaine nous cerne, nous concerne dans les plus intimes de nos cellules, nos cellules-mère.  
C’est un livre émancipateur dont la lecture délivre. L’auteur nous offre une trouée sur ses interrogations d’humain. Les interrogations d’un cinéaste confronté à ses personnages ont servi de point de départ. Très vite, on oublie que Luc Dardenne est aussi le Sérésien le plus Cannois, avec son frère Jean-Pierre !

Confins
Naviguant entre philosophie et psychologie, entre littérature et po&sie, l’auteur nous emmène sur les chemins escarpés d’une pensée surprise en train de se penser à mesure qu’il nous ensemence de concepts, tantôt en escarpins sur le cheminement d’autres1 , tant dans ses propres pas.

Questionnements en rafales, conditionnels qui relativisent une affirmation un peu trop péremptoire. Du moins au début.
Les questions en salves peuvent perturber, voire même lasser. Acceptez de suivre l’auteur sans condition dans le  tourbillon de ses questionnements, conditions, hypothèses que nous faisons dès lors nôtres comme autant de cheminements personnels.

« Dans cette enquête menée avec les moyens du bord, il y a beaucoup de choses que je n’ai pas pu éclaircir… J’espère malgré cela avoir pu approcher et laisser parler le ‘minuscule et fragile corps humain’, celui de l’enfance. » (9, Introduction)

Vient ensuite le temps des affirmations.  « Il y a deux sortes de bonheur: le bonheur obtenu  par la puissance et le bonheur reçu par la reconnaissance. » (136)

Et sa langue
« L’écriture a ce pouvoir étrange de donner une nouvelle vie à ce qu’elle attrape dans ses signes. » (8)
Et puis cette langue: « La peur étouffe le souffle. » (109).
C’est un ouvrage à la syntaxe fastueuse, simple mais toute entière au service de la construction de concepts fondateurs de l’affaire humaine. Beaucoup de phrases commencent par « si » et évoquent des hypothèses qui s’alignent comme autant d’hypothétiques pistes qu’une réflexion approfondie pourrait, si elle le voulait, mener à son terme.

D’une langue proche du sens commun des mots, sans jargon, l’auteur enfile les mots dans une causalité qui semble imparable. « L’enfant fascine aujourd’hui, il est sacralisé et dans cette sacralisation pointe son sacrifice. »
La langue se fait po&tique quand elle cesse, au fil de la progression, d’être hypothétique pour devenir hypo-po&tique.

Enfilage
Aucun chapitre n’a de titre, un chiffre romain suffit. Aucun sous-titre, des ensembles souvent numérotés en chiffres arabes. Je ne sais si l’auteur a raison, mais en admettant qu’il n’ait pas tout à fait tort, il appelle à une exégèse attentive pour valider la démarche. Si elle l’est, le chapitre XI est terrible, terriblement vrai: je m’y reconnais dans la mesure où en tant qu’enseignant, j’ai eu à subir ce lent glissement vers « l’entrée d’une époque pour laquelle l’enfant qui vient au monde sera d’abord vu comme celui… qui annonce ma mort  » (168).
Je n'ai jamais formulé mon impuissance grandissante d’enseignant en ces termes-là, mais j'y reconnais mon impuissance à  contrer cette déglingue qui est née au cœur des familles, ce que L. Dardenne nomme « rivalité au cœur de la rencontre de l’adulte et de l’enfant. » (182).
Le chapitre se termine par: « La question n’est pas de chercher des coupables en la personne de ceux et de celles qui n’ont pu aimer d’un amour infini [l’enfant qui vient au monde] mais de comprendre pourquoi notre société produit cette difficulté d’aimer d’un amour infini. » (183-4)

Car, « [m]oins l’éducateur est disposé à aimer, c’est-à-dire à mourir pour l’éduqué, moins il apaise la peur de mourir de celui-ci, ou encore: plus l’éducateur a peur de mourir, plus il transmet cette peur à l’éduqué. » (178)

Luc Dardenne conclut d'une façon pour le moins décapante, qui peut pousser le lecteur/la lectrice à reconsidérer fondamentalement sa relation à soi, à l’autre.

Relire
La technique de relecture qui consiste à isoler les affirmations dans les questions qui les emballent est éclairante. Je me suis alors rendu compte que le livre entame une interrogation et puis reprend le raisonnement en gommant les questions pour affirmer des ébauches de certitudes, de plus en plus affirmées… Ce livre est d’un parcours sûr.

Massivité
À plusieurs reprises, il fait appel à cette belle expression: la massivité sans faille, l’équilibre absolu (31) L’être continu, massif, complet (31)
Dans la bulle, qui finira par nous exclure et faire de nous un être divisé (40), règne une confusion totale, une massivité sans faille, un équilibre absolu représentant la plénitude, une  forme de paradis perdu par la venue au monde. Un peu comme si dans la bulle, le ventre de la mère, il n’y avait


aucun espace, aucun temps
aucun vide aucun écoulement
aucune division
aucune discontinuité.
Pas de rien.

« Si, venant au monde, l’être humain venait chez lui, il désirerait sa vie en la vivant, il ne s’enfermerait pas dans une nouvelle bulle » (33). L’homme ressemble à un courrier mal adressé. Quand le petit d’homme nait, il ne désire pas sa vie en la vivant.

Symboliquement, « on » ne m’a pas demandé mon avis, et si j’avais pu choisir « de ne pas naître » (34), je ne suis pas du tout sûr que j’aurais choisi d’atterrir sur le Vaisseau Terre.

P.S. Cette lecture me donne envie d’aller voir Le gamin au vélo.

1 Il m'a manqué un index des auteurs cités: en voici un embryon.

Amery 110/112/113/118
Appelfeld (Aharon) 138
Baudelaire 41/42
Benjamin 14
Bible 114
Bloch 158
Boèce 86
Brontë 143
Canetti 87/88/128
Castoriadis 26
Freud 77
Grecs 34
Green (André) 77
Grossman (Vassili) 144/145
Heidegger 13/52
Jünger 13
Kafka 15/16/19/21/117/119/121/150
Levinas 21/26/72
Mandelstam 45/160
Nietzsche 13/143/150-153
Pascal 134
Prigogine (sans le citer) 65
Proust 157
Rigoni Stern (Mario) 104
Rimbaud 140
Spinoza 24/25
Tchekov 44
Truymans 26
Wittgenstein 23
Zenon 51

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