Éditions de nulle part

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Contrées

Jacques Abeille, mésologiquement vôtre !

Jacques Abeille est le géniteur d'un univers, les Contrées, dont il nous conte le cycle en une prose somptueuse. Il égrène de livre en livre une épopée sans âge, sans coordonnées gps, ouverte sur un monde imaginaire plus vrai que nature, car il est au coeur de la nature, y compris humaine, qui s'érige sous nos yeux rendus attentifs et plus précis par la rigueur quelque peu janséniste d'une syntaxe habitée par la force de traditions multiséculaires.

Sa prose, ainsi recueillie par divers éditeurs, certains au destin plus que chahuté, sous diverses plumes fictionnelles elles aussi, est formatrice de monde.

Les milieux dans lesquels il déplace ses personnages mettent en mouvement un monde dont la cohérence se déploie sous nos yeux dans un espace-temps: espace diversifié qui va du plateau des hautes brandes à la ville de Terrèbre avant, pendant et après les barbares – jusqu'à la barbarie -, en passant par les jardins statuaires aux secrets engouffrés et les mers perdues; temps indéfinis emmêlant divers fils qui s'entrecroisent à la manière d'une œuvre imbriquée de M. Escher.

Les points de vue varient, enrichissent le lecteur sans forcément s'interpénétrer. Chaque milieu a généré un monde dont Jacques Abeille nous propose une interprétation finalement unifiante en y celant des pans entiers d'un réel en marche pourtant de façon inexorable, en nous suggérant des interprétations possibles qui sont autant d'errements voulus et en établissant des rapprochements qui se révèlent à nous avec la soudaineté de la prise de conscience de Raymond Souplex (dans la série des Cinq dernières minutes): « Mais bon sang, c'est bien sûr ! »

Par jeu, ce texte liminaire est intimement calqué sur l'appel à communications 2015-2016 « Milieu et monde: l'approche mésologique de la perception » lancé par A. Berque et son équipe. Il « teste » en quelque sorte, et sans prétention d'aucune sorte, l'arc-en ciel philosophique de la mésologie.

Bien sûr, la vision que j'en donne ici résulte de ce que j'ai perçu de ces deux univers dont la complexité s'enrichit à chaque relecture, genre: « Ah, mais alors... » « Tiens, ça me rappelle... » mais vous ne retrouvez évidemment pas le passage ! Et que l'un puisse offrir une grille d'analyse de l'autre est une hypothèse que je ne suis pas sûr de valider jamais ! Mais, l'intuition est présente, ça oui.

À part Kaamelott, version Alexandre Astier - ce dernier vraiment incontournable -, cinématographiquement inégalé, je ne suis absolument pas fan de heroic fantasy, ni écrite ni filmée. Et ceci ne me paraît pas en être. Aucun héros superfortiche, très peu de combats improbables, et de préférence feutrés et infiltrants, très peu d'armes etc., par contre une langue, une langue ! Une, enfin des langues car il y a aussi l'écriture du désert, en marge du cycle mais y trouvant une place singulière.

Nous croisons certains métiers du lire et du livre: archiviste, écrivain-diariste, écrivain public, antiquaire-libraire, prof d'unif, déchiffreur de langue oubliée, etc. Le cycle des contrées, c'est avant tout un univers linguistique qui utilise les potentiels du français à plein pour nous emmener aussi loin que notre vibration peut nous porter. Et plus si affinités !

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# Titre de l'article Auteur Clics
1 Le veilleur du jour Jean Mertens 821
2 Les mers perdues Jean Mertens 590
3 Les jardins statuaires Jean Mertens 611
4 Les barbares Jean Mertens 538
5 La barbarie Jean Mertens 518
6 L'écriture du désert Jean Mertens 506
 

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