il s'agit d'une des neuf anthologies publiées sous la responsabilité de Jacques Sternberg par les éditions Planète.

La préface du directeur, Louis Pauwels, est un solide argumentaire en faveur d'une « pénétration dans ces labyrinthes du charnel » (12) et contre une morale anesthésiante empreinte de puritanisme, le tout au nom du réel.
Et il s'étend plus loin (15-16) sur « l'art amoureux de l'Inde avec ses frairies d'humains et de dieux (frairie, dit le TLF, « Festivité consacrée au divertissement et à la bonne chère »), ses fresques d'enlacements... L'orient traditionnel qui exalte religieusement les plaisirs de la chair et les béatitudes de l'union sexuelle.»
Les 478 pages regroupe 85 extraits organisés en huit chapitres et se conclut par un dictionnaire des auteurs, lointaine préfiguration du Dictionnaire des idées revues, dans sa partie sur les créateurs. Déjà cet art du viser juste, la concision qui éclaire une oeuvre, le détail qui humanise le créateur. Jacques Sternberg est aux commandes («... alors que je dirigeais les anthologies Planète. » DDIR, 289), aidé d'Alex Grall.

La mise en page richaudienne fonctionne au mieux de sa forme. François Richaudeau, membre des éditions Planète mais surtout fondateur en 1975 des éditions Retz. C’est au même F. Richaudeau que l’on doit  une mise en page préfigurant l’hypertexte dans les années soixante:  la table des matières porte sa patte; ses livres personnels ultérieurs sur la typographie, sur la lecture rapide (etc.) seront mis en page en suivant les mêmes principes de lisibilité.

La page ci-contre vous montre son originale simplicité. Le titre du chapitre indique le thème commun aux textes (« Les merveilles de la passion »); les auteurs sont ensuite mis en avant. Le titre émane dles anthologistes et non de l'auteur. Il est une thématique resserrée autour du thème commun indiquant l'apport principal de l'extrait en question. Les parenthèses contiennent les noms des créateurs qui illustrent au mieux l'extrait et sa thématique.
Il faut ensuite se rendre sur la page indiquée pour que le titre original (choisi par l'auteur) apparaisse, dans une autre mise en page qui met en valeur les graphistes en pleine page.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La multiplicité des « entrées » possibles continue à s'imposer ici par une grande économie de moyens lisibles et la régularité de la présentation: le thème resserré, l'auteur, une ligne grasse de séparation, une citation finement choisie par les anthologistes (l'aphoriste Sternberg est probablement seul aux commandes), révélant encore une autre facette, une ligne fine. Enfin, l'oeuvre avec son titre original et le texte.

L'oeuvre choisie pour illustrer le texte est d'un à-propos souvent fulgurant.

 

Enfin, une notice en fin de volume précise le parcours de l'auteure: la concision même fait de chaque notice une sorte de modèle d'écriture efficace Les phrases sont courtes, et l'essentiel est dit en peu de mots.

 

 

 

 

 

 

La page où figure l'extrait de l'auteur est reprise dans une parenthèse isolée en fin de notice. Un renvoi bienvenu et bien pensé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aucune notice sur Hans Bellmer (et les graphistes en général) dans le dictionnaire des auteurs en fin d'anthologie, mais le Dictionnaire des idées revues nous éclaire davantage: il s'agit bien d'un choix de J. Sternberg.

Autrement dit, les anthologistes sont à leur affaire textuelle, servis par une mise en page d'éditeurs au sommet de leur art.


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