C’est une boîte noire. Elle renferme espoirs et retards et excuses et toute une vie grouille en elle. 
Elle grouille la petite boite qui nous colle à la peau. 
S’invite un peu partout et répand en réseau les fils invisibles, les liens les plus sociaux.
Tapie au fond des poches, enfermée dans un sac, quand le silence se fait, elle
fourmille frénétiquement et bourdonne à tue-tête, comme un appel désespéré, qu’on l’aide.
Parée de toutes ses touches, elle s’offre ainsi aux mains expertes ou débutantes,
décidées ou hésitantes. On la pianote, on la tripote, dans une frénésie éhontée. 
Et dans les instants les plus improbables, inopinément, comme dans un sursaut d’envie, elle se met à hurler.
On se regarde et on rougit ; on s’en saisit, on la fait taire, la boite noire de nos vies dépendantes.
On la maudit quand elle s’immisce, mais on se sent si dénudé lorsqu’on s’aperçoit qu’on l’a oubliée…


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