Chez tante Délia, il y avait une véranda. Pièce rapportée, adossée à la maison, ouverte sur le jardin, meublée de rotin et peuplée de plantes vertes. On disait la serre. Comme chez la voisine de ma grand-mère.

La véranda est jardin d’hiver et salon d’été. On n’y est ni tout à fait dehors ni tout à fait dedans. Elle prend le soleil et la lumière. On y plisse les yeux, on y paresse. Les plantes y prospèrent. On y fait mûrir les tomates trop tôt cueillies. Les géraniums qu’on a rentrés aux premiers froids y prennent leurs aises et fleurissent hors saison.  

C’est la petite dernière des pièces de la maison. Elle lui donne un coup de jeune, comme un enfant né sur le tard.

La véranda est accessoire de mode, excroissance transparente et légère. Elle pourrait s’envoler, toutes vitres dehors, se poser sur la pelouse…Elle serait gloriette et on y jouerait de la musique de chambre…

Véranda rime avec jacaranda, le flamboyant bleu.

En rond sur le coussin mangé de soleil, le chat rêve.


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