Très mère dans le bleu d’Outremeuse, la rose trémière berce ses petits bourgeons, encore et en corolle.

Corollette montée et cuisses émues, nymphe bien en chair nue ou toute boutonnée, elle est enfantement.

Infante de jardin, elle pavane à toute heure et rosit pour un rien.

Nuit et jour au parfum, elle est surinflormée et ivre de secrets.

C’est la Sainte lascive, Gardienne des vestiges des vertes tiges de l’amour, de ses savants sévices, des ressacs de sa sève.

Sans jamais s’étioler, sa langue de guimauve alanguie s’insinue, serpentine, jusqu’en    Langalousie, pays de la jusquiame noire, des mandragores et des vagues à l’âme. (Précieuse sans radicule, c’est une fan des mots-lierre, qu’elle chausse pour mieux danser.)

Ne touchez pas à son pot: le rebelle se rebiffe !

Si une mouche la touche, la Miss Terre en furie astique ses strates tectoniques, roule ses mécaniques, ses boules de nerfs, de neige carbonique, dures comme des coups de poing.

Et la barbare est là, talons aiguille zoom et bazooka, en casque de que gazelle et double masque à rat. (Non, mais des fois ?!)

Rose Marie Lady s’enlaidit, aiguise ses épines, ses canines, ses crayons à l’aniline, hérisse ses babines, ses racines, son échine, épuise toutes ses bobines, ses nuits de Chine, ses places to bibine, se déguise en Zeppeline, en Sabine, en Mélusine, en Proserpine, en pinne marine, en machin-machine, en héroïne de cape et d’épine.
Osez, rose épine !

C’est la Queen of des dix vents, des contrepets de Série Rose, l’idole des jaunes des vertes et des trop mûres, la Patronne des marchands de
fleurasthénie, de tapizza, de bouquets de six roses et de choroléra, la crème des crèmes et du crématrorium.

Elle embroche la mouche Tsétsémiel, la farcit de porc aux rats, la nécrose plus ultra, la crucifie sur rose croix, et, overrosée, s’extasie, grabataire sur
sa terre, en Mater Dolorosa.

Toutes peaux rouges indemnes, c’est à la file indienne que sera célébrée l’Épiphanie des roses biffées, débriefées en burkas carminées.

La cohorte des épis fanés pâme sur l’épine up du pick-up, de la pin up du parterre atterré.

 



Car son métier de fleur, Rose le connaît par cœur, et fleurit sans raison.
Où fleurir, refleurir est sa seule question.
Seule Rose sait la vie, ses seuils et ses saisons.
Et ses huiles sont saintes, et son essence est cielle.
Et Rose croît partout.
Et Rose existe en ciel.

L'auteure me précise les sources de son collage: "C'est la rose de Henri Mondor, farcie au Chat Botté de Gustave Doré, lui-même farci à la ville inconnue du Magazine Géo. Au centre, la Sainte Lascive**..."

 


* Monique Tomson, une autre Fabry-cienne, a fouillé sur Henri Mondor et sa rose. Le lien vers la rose est le sien, celui vers l'académicien est le mien.
** Il s'agit de Zephora, une des filles de Jéthro peinte par Botticelli, recopiée par John Ruskin lui-même en 1872 dans la chapelle Sixtine. Les deux oeuvres comportent de subtiles différences, notamment l'inclinaison de la tête ainsi que le velouté de la peau. (Longue recherche Tomsono-Mertensienne conjointe... Cold case closed.)


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