Caviardage du roman « Jimmy », Jacques Poulin.

Le ciel se reflète dans une fenêtre du chalet et la crotte de moineau sur la vitre a l’air de flotter dans les nuages.

Une boule noire avec deux pierres luisant sous la lune, le chat ronronne comme un hélicoptère qui veut décoller.

Lui pour lancer la flambée, met la flamme de son briquet à l’abri dans une petite cabane qu’il forme avec ses mains courbées. Il a les genoux comme les nœuds d’un vieux tronc d’arbre. 

Elle, elle fait une silhouette devant la lune et les arbres avec les branches qui sautent les murs.

Et toi tu demandes : qu’est-ce que c’est l’âme ? C’est une question pour les chaises. 

Alors elle rit comme une folle. Elle rit comme une corde de bois qui déboule. Les voix et les rires que tu aimes se construisent un nid dans ton oreille petit à petit avec des brins d’herbe, de la mousse et tout. L’impression que tu as quand la voix ou le rire revient c’est comme si un oiseau revenait dans son nid. 

Les flammes tourbillonnent, tu rêves. Une chose que tu aimerais c’est dormir avec une vraie fille dans ton sac de couchage et tu ferais attention de ne pas la toucher parce que si tu couchais avec une vraie fleur tu ferais attention autant que possible de ne pas l’écraser. 

Lui il dit que les rêves nous mettent en communication par un tunnel de nuit avec l’autre versant de nous-mêmes. Dans tes rêves les herbes marines te saisissent les jambes comme des maniaques, tu commences un rêve ordinaire puis tout à coup tu pars à la dérive, tu ne sais plus où tu vas te ramasser et le rêve devient effrayant comme une île volcanique ou quelque chose comme ça … Alors,  tu cavales au jardin même s’il pleut à boire debout et le cri part tout seul, sorti du ventre comme une sirène de bateau qui déchire la brume.


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